Face à l’urgence sanitaire et climatique, la Wallonie transpose la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air, elle s’aligne sur ses voisins européens tout en conservant ses standards les plus exigeants. Objectif : protéger plus efficacement la population et engager sans délai les mesures qui permettront d’atteindre les normes renforcées dès 2030.
Le Gouvernement wallon a adopté en première lecture l’avant-projet de décret et le projet d’arrêté transposant la directive européenne relative à la qualité de l’air ambiant. Après cette première lecture, le projet de décret et son AGW seront soumis aux avis du pôle Environnement et du comité de branche santé, puis au Conseil d’État, avec consultation du public pour les plans requis en cas de dépassements.
Cette directive fusionne et modernise profondément la politique européenne de l’air via le 8ᵉ programme d’action pour l’environnement et les objectifs européens de zéro pollution à l’horizon 2050.
D’ici décembre 2026, la nouvelle directive fixe un cadre harmonisé :
- Des normes de qualité de l’air nettement renforcées (valeurs limites, objectifs de réduction de l’exposition, seuils d’alerte…) ;
- Des méthodes d’évaluation harmonisées ;
- Une surveillance accrue de la pollution (tendances, nouveaux polluants, modélisation) ;
- Des informations comparables et accessibles au public ;
- Des mesures pour préserver ou améliorer la qualité de l’air ;
- Une coopération accrue entre États membres.
Parmi les nouveautés majeures :
- Un abaissement important de la valeur limite PM2,5 d’ici 2030 ;
- La création de super‑sites et le suivi des particules ultrafines, du carbone noir et de l’exposition au NO₂ ;
- L’obligation de feuilles de route en cas de dépassements entre 2026 et 2029
- Un accès renforcé à la justice pour les citoyens et associations.
Au-delà de la transposition, la Wallonie confirme l’ambition partagée avec Bruxelles et la Flandre, du maintien du seuil d’alerte PM10 de 70 μg/m³, plus strict que le seuil européen fixé à 90 μg/m³. Dans cet esprit de cohérence, la Belgique installera deux supersites de surveillance :
- Borgerhout (super‑site urbain – piloté par la Flandre),
- Vielsalm (super‑site rural – piloté par la Wallonie).
Le site de Vielsalm constituera un point de référence pour la mesure des polluants émergents et pour le réseau européen EMEP, renforçant la contribution wallonne aux efforts européens de recherche et de suivi.
Cette transposition est le préalable de différentes politiques sectorielles nécessaires pour atteindre les objectifs 2030, notamment via le Plan Air Climat Energie (PACE) et de ses différents leviers (mobilité, chauffage, rénovation, industrie, agriculture, déchets, aménagement du territoire).
Beaucoup de ces leviers opérationnels relèvent des compétences de l’ensemble des membres du Gouvernement wallon. Les principaux enjeux de ce PACE étant du ressort de la Ministre Cécile Neven, Ministre wallonne de l’énergie et du climat, pour tout ce qui concerne le chauffage biomasse et du Ministre François Desquesnes, Ministre wallon de la Mobilité, pour les mesures liées au trafic routier.
Le portefeuille ENVIeS 2025-2030 fournit, aux côtés du PACE, une partie des moyens techniques, scientifiques et de terrain (réseau de mesure renforcé, polluants émergents, projets locaux, information du public) pour atteindre les objectifs 2030 du décret “Qualité de l’air”.
Yves Coppieters, Ministre wallon de l’Environnement : « En révisant nos normes de qualité de l’air et en harmonisant nos règles avec les deux autres Régions, nous faisons le choix d’une Wallonie plus protectrice. La qualité de l’air est un enjeu majeur de santé publique. Cette transposition marque une étape importante en vue des politiques sectorielles que nous devons mobiliser.»