La Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la COCOF approuvent simultanément un même cadre d'action en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. Avec le Plan intrafrancophone de lutte contre les violences faites aux femmes (PVIF), les trois entités francophones se dotent d'une vision commune, d'objectifs partagés et d'une feuille de route coordonnée pour renforcer la prévention, la protection des victimes, l'accompagnement des auteurs et la coordination des politiques publiques.
Face à la persistance des violences faites aux femmes, les Gouvernements wallon, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la COCOF ont choisi d'agir de manière concertée. L’adoption du Plan intrafrancophone de lutte contre les violences faites aux femmes 2025-2029 constitue l'expression concrète de cette volonté politique : celle de dépasser les frontières institutionnelles pour construire une réponse cohérente et coordonnée au bénéfice des victimes.
Fruit d'un important travail de concertation associant administrations, experts et acteurs de terrain, le PVIF traduit dans les compétences des trois entités francophones les engagements pris par la Belgique au niveau international et européen. Il constitue ainsi un cadre de référence commun pour l'ensemble des politiques publiques concernées.
Le Plan repose sur une approche globale articulée autour des quatre piliers de la Convention d'Istanbul : prévenir, protéger, poursuivre et coordonner. Cette architecture permet d'agir à chaque étape de la chaîne de lutte contre les violences, depuis la sensibilisation et la prévention jusqu'à l'accompagnement des victimes et la responsabilisation des auteurs.
Concrètement, le PVIF comprend 25 mesures prioritaires et 22 mesures de bonne gouvernance. Le Plan renferme des projets déjà en cours tels que : le déploiement des DEVICo ou la création du Centre d’Accompagnement et de Responsabilisation dédié aux auteurs de violences intrafamiliales, etc.
Parmi les mesures adoptées figurent notamment la formation des professionnels de l’enseignement, de la santé, et de l’aide à la jeunesse aux violences fondées sur le genre, le développement d’outils de lutte contre les cyberviolences, les mutilations génitales féminines et les violences gynécologiques et obstétricales, ainsi que le renforcement de la protection des femmes et des enfants victimes de violences. Le plan prévoit également la mise en œuvre du dispositif « Pack Nouveau départ », le déploiement structurel des dispositifs interdisciplinaires de prise en charge des situations à haut risque de violences conjugales DIVICo, dont les féminicides, le lancement d’un projet pilote de bracelet d’éloignement, le renforcement de la prise en charge des auteurs et la poursuite de la généralisation de l’EVRAS.
Au-delà des mesures qu'il contient, le PVIF porte un message politique fort : la lutte contre les violences faites aux femmes est une responsabilité collective qui nécessite une mobilisation à tous les niveaux de pouvoir. En adoptant une même feuille de route pour les cinq prochaines années, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la COCOF réaffirment leur engagement commun à construire une société plus sûre, plus égalitaire et plus protectrice pour toutes les femmes et toutes les filles.
Une attention particulière a été portée à la prise en compte des réalités spécifiques rencontrées par les femmes en situation de handicap victimes de violences.
Le Plan couvre l’ensemble des formes de violences fondées sur le genre, qu’il s’agisse des violences commises par un ex-partenaire, des violences sexuelles, des mutilations génitales féminines, des mariages forcés ou d’autres formes de violences touchant spécifiquement les femmes et les filles.
Enfin, le PVIF s’inscrit également en articulation étroite avec le futur Plan d’action national de lutte contre les violences basées sur le genre (PAN) 2026-2030. Les actions et mesures qu’il contient constitueront la contribution de la Wallonie, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la COCOF au futur PAN. Cette articulation garantit la cohérence entre les initiatives menées par les entités francophones et les engagements pris au niveau national, tout en permettant une meilleure coordination des politiques publiques et des réponses apportées aux victimes sur l’ensemble du territoire.
Yves Coppieters, Ministre wallon et en Fédération Wallonie Bruxelles de l’Egalité des chances et des Droits des Femmes : « Les violences faites aux femmes ne connaissent pas les frontières administratives. Il était donc essentiel que nos trois entités francophones parlent d'une même voix et poursuivent une même ambition. Ce plan constitue une véritable feuille de route commune qui nous permettra de renforcer la prévention, la protection des victimes et la coordination de nos actions au cours des cinq prochaines années. »
Adrien Dolimont, Ministre-président de la Wallonie : « Lorsqu'une femme est victime de violences, son parcours est déjà si difficile que ce n'est pas à elle de s'adapter à la complexité de nos institutions. C'est à nous, pouvoirs publics, de mieux nous organiser pour lui offrir des réponses rapides, cohérentes et efficaces. C'est précisément l'ambition de ce plan commun. »
Laurent Hublet, Secrétaire d'Etat bruxellois à l’Egalité des chances : “Les violences faites aux femmes ne sont pas une fatalité. Comme toute réalité sociale, elles peuvent être combattues lorsque les institutions coopèrent, que les citoyens s'engagent et que nous osons repenser nos façons d'agir. L'innovation publique, c'est aussi cela : construire ensemble des réponses plus humaines, plus efficaces et plus solidaires. »
Ahmed Laaouej, Ministre-Président du Collège de la COCOF, et Karine Lalieux, Ministre de la Santé de la COCOF : « Les violences faites aux femmes n'ont pas leur place dans notre société. Avec ce Plan intrafrancophone, nous renforçons la prévention, la sensibilisation et l'accompagnement des victimes, tout en développant des actions pour responsabiliser les auteurs de violences. C'est par une action coordonnée, à tous les niveaux, que nous pourrons mieux prévenir ces violences et mieux protéger les femmes. »
Valérie Lescrenier, Ministre wallonne et en Fédération Wallonie Bruxelles de la jeunesse et de la petite enfance : « À travers ce plan, et dans le cadre de l’action de ses Maisons de justice, la Fédération Wallonie-Bruxelles déploiera un projet pilote de bracelet d'éloignement. Ce dispositif illustre notre volonté d'agir en amont, de prévenir le passage à l'acte et d'offrir aux victimes une protection toujours plus efficace, tout en veillant à l'accompagnement des enfants concernés grâce au soutien à la parentalité proposé par l’ONE. »