Le Gouvernement wallon a adopté aujourd’hui en première lecture deux décisions visant à renforcer le filet de sécurité pour les personnes en situation de grande précarité. La Wallonie mobilise ainsi près de six millions d’euros dès 2026 : 3,6 millions d’euros pour améliorer l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des personnes en difficulté, et 3,062 millions d’euros pour revaloriser les Relais sociaux. Ces deux décisions constituent les premières traductions concrètes de la Stratégie coordonnée de sortie du sans-abrisme 2025-2029.
Depuis 2004, les maisons d’accueil, maisons de vie communautaire et abris de nuit constituent un maillon indispensable du parcours de sortie du sans-abrisme. Toutefois, la saturation des abris de nuit, l’absence de moyens structurels pour accompagner les personnes après leur séjour, la complexification des problématiques rencontrées et la pression accrue sur les équipes rendaient indispensable une révision profonde du cadre réglementaire.
La réforme apporte une série d’améliorations structurelles. Elle commence par un refinancement important des abris de nuit avec le doublement de la subvention par place, qui passera de 2.500 à 5.000 euros non indexés. Cette mesure permettra d’assurer un accueil plus digne et plus sécurisé, tout en stabilisant les équipes.
Parallèlement, le suivi post-hébergement sera généralisé dans toutes les maisons d’accueil (1,8 million). Chaque structure pourra désormais accompagner durablement les personnes après leur sortie et prévenir les retours à la rue. Il s’agit d’un levier crucial : l’expérience montre que c’est souvent au moment de la transition vers un logement autonome que le risque de rechute est le plus important.
En outre, la Wallonie renforce la lutte contre les violences domestiques. Les maisons d’accueil disposeront de personnel spécialisé supplémentaire et devront répondre à des exigences précises en matière de sécurité, de formation et de prise en charge, conformément aux standards européens, notamment ceux de la Convention d’Istanbul.
Enfin, le cadre réglementaire est modernisé. Les maisons d’hébergement de type familial, aujourd’hui inexistantes, sont supprimées ; les autorisations provisoires de fonctionnement disparaissent ; les exigences en matière de qualifications sont actualisées et les catégories d’encadrement adaptées. Dans son ensemble, cette réforme vise à rendre le dispositif plus cohérent, plus lisible et mieux équipé pour répondre aux réalités du terrain.
Revaloriser les relais sociaux et sécuriser la coordination territoriale
Les relais sociaux urbains et intercommunaux jouent un rôle essentiel dans l’organisation de l’urgence sociale. Ils coordonnent les abris de nuit, accueils de jour, équipes de rue, relais santé, dispositifs Housing First et services locaux. La réforme permet un renforcement administratif permettant à chaque relais social urbain de passer d’un mi-temps à un temps plein administratif. Cette évolution offrira davantage de stabilité et libérera du temps pour le travail social.
Par ailleurs, les relais santé voient leur financement réformé et étendu. Leur mission sera adaptée à la taille des territoires et enfin rendue accessible aux relais intercommunaux. Cela permettra d’assurer une couverture complète de la Wallonie et de mieux articuler accompagnement social, santé physique, santé mentale et assuétudes.
Le dispositif Housing First, reconnu comme l’un des plus efficaces pour le maintien durable en logement, est lui aussi généralisé et sécurisé. Un refinancement (1,2 million) est prévu pour l’ensemble des neuf relais sociaux, mettant fin aux disparités territoriales et aux financements temporaires.
La réforme modernise également l’organisation des Plans grands froids. La méthode de calcul est simplifiée et ajustée aux besoins saisonniers, tout en compensant l’arrêt du financement fédéral pour Liège et Charleroi.
Enfin, les relais intercommunaux bénéficieront d’un soutien renforcé pour absorber la demande croissante, notamment en triplant l'intervention wallonne sur ces territoires étendus.
Yves Coppieters, Ministre des Solidarités : « La coordination locale et la proximité font toute la différence dans la prévention des ruptures. Ces réformes donnent plus de moyens aux équipes, plus de stabilité aux parcours et plus de dignité aux personnes. Ces moyens supplémentaires vont permettre de soutenir des acteurs et dispositifs fondamentaux pour un filet de sécurité sans faille par rapport aux personnes en précarité. »